Dimanche 27 octobre 2019 ouvrait à Shangaï la première Ecole Française de Musique et de danse labellisée par le Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon. Rencontre avec Jérémy Pirello qui a dispensé les premiers cours de hip-hop de l’école.

Jérémy Pirello, professeur de danse hip-hop et Luciano Razakasoa, tout jeune diplômé du Conservatoire ont représenté le Grand Chalon à l’inauguration la première Ecole Française de Musique et de danse. Située dans le tout jeune « quartier étranger » de Shangaï, l’école devrait accueillir à terme 2000 à 3000 élèves. Si l’ouverture de cette école est une belle opportunité pour le Conservatoire du Grand Chalon, elle marque aussi sans doute un tournant dans l’apprentissage du hip-hop dans les pays asiatiques… et à travers le monde.

L’inauguration de l’Ecole Française de Musique et de danse de Shangaï mettait en valeur le hip-hop. Pouvez-vous nous raconter ?

En chine, ils ne font pas les choses à moitié et mettent beaucoup de cœur à l’ouvrage ! Tout s’est fait très vite à notre arrivée : nous avons réalisé des affiches et organisé des opérations de communication dans la rue. C’était super ! L’école avait organisé une porte ouverte où les visiteurs pouvaient à la fois découvrir l’école et tester des cours. Beaucoup de familles, d’enfants et d’adolescents du quartier sont venus voir et ont participé. Nous avons aussi convié les financeurs et les partenaires de l’Ecole Française de Musique et de danse pour leur montrer dans quoi ils avaient investi. Ils ont dansé et nous avons même fait une restitution publique filmée dans la rue !

Quel accueil ! Pourquoi cette école est-elle exceptionnelle à Shangaï ?

Déjà parcequ’à partir de maintenant, l’Ecole Française de Musique et de danse de Shangaï est l’une des seules écoles au monde à proposer un cursus complet hip-hop jusqu’à la préprofessionnalisation. En France, seul le Conservatoire du Grand Chalon propose ce cursus et délivre le Diplôme d’Études Chorégraphiques dans cette discipline. L’école sera aussi la seule en Chine à appliquer les méthodes d’enseignement du Conservatoire du Grand Chalon. Dans le premier cours que nous avons dispensé, les enfants étaient surpris de voir la dynamique qu’on apportait. Mais ils adorent. Ils se font vraiment plaisir avec les méthodes françaises.

Et la suite ? Est-ce que vous ou le Conservatoire gardez des liens avec l’école de Shangaï ?

Oui, bien sûre. Luciano Razakasoa s’est installé là-bas. Il est professeur. Il va appliquer les techniques pédagogiques acquises avec moi au Conservatoire du Grand Chalon aux enfants et aux adolescents. Il va transmettre ce savoir-faire français aux danseurs hip-hop chinois. Ainsi, petit à petit, il va former des professeurs. J’irai deux ou trois fois dans l’année pour des master class et on espère organiser des échanges : que les élèves chinois viennent en France et inversement. C’est toujours intéressant le partage d’expériences. Pour que tout çà se concrétise, il nous faudra trouver des financements… et çà passe par l’ouverture d’autres écoles labellisées par le Conservatoire du Grand Chalon. Selon Robert LLorca, le Directeur du Conservatoire du Grand Chalon d’autres écoles comme celle de Shangaï sont en projet en Chine, au Japon et même en Inde… Donc… Ce n’est que le début de l’aventure.