Tombé dans la danse quand il était tout petit, Philippe Cheloudiakoff a consacré une bonne partie de sa vie à l’enseignement de la danse classique au Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon. En 2020, il revêt son habit de chorégraphe pour créer Maous avec la Compagnie Ecarts. Portrait d’un directeur, professeur et chorégraphe chalonnais.

“Quick, quick, slow… Quick, quick, slow…”. Philippe Cheloudiakoff a une enfance bercée par la rythmique des danses de salon. Il se rappelle très bien de l’ambiance des cours de danse que donnaient son père et son grand-père. « Cette grande salle de danse, les 78 tours, les sièges verts et jaunes, les queues de pie et les voix qui donnaient le tempo… C’était comme dans les films. » Très jeune, il sait qu’il sera danseur. « Mais pas danseur de salon comme mon père. Pas la même danse que mon père. » Philippe Cheloudiakoff veut devenir danseur classique.

Un danseur interprète soliste des plus grandes scènes

« Devenir danseur classique il y a 60 ans, ce n’était pas facile » mais il réussit brillamment. En 1968, il intègre le centre d’étude chorégraphique de Paris puis le centre de danse International Rosella Hightower, suit des cours particuliers avec des maîtres de la danse. Philippe Cheloudiakoff devient danseur interprète soliste dans les plus grands théâtres lyriques de France puis rejoint les 70 danseurs du Royal Ballet des Flandres. Connu et reconnu, il interprète les plus grandes pièces comme le lac des cygnes, Casse-Noisette de Tchaïkowski, Carmen de Bizet, le Boléro de Ravel…

Un pédagogue exigent qui forme les plus grands danseurs et les futurs professeurs

A 31 ans, il continue sa carrière d’interprète et commence à s’intéresser à la pédagogie. Ce nouveau métier, il ne l’a pas choisi par hasard. Son enthousiasme, il le trouve dans son expérience personnelle : « Quand j’étais petit, on m’a mis dans une école très modeste. J’ai réellement commencé à découvrir la danse à 14 ans. J’ai perdu beaucoup trop de temps. » Alors, aujourd’hui encore, Philippe demande un engagement total aux futurs professeurs qu’il forme dans différents centre comme au Centre National de la Danse à Lyon, ou à l’Ecole Supérieur d’Art de Lorraine. Tout en privilégiant le plaisir de danser, il demande la même exigence aux élèves danseurs au Conservatoire du Grand Chalon. Le résultat est là : chaque année grâce à l’équipe du département danse, les danseurs du Conservatoire du Grand Chalon intègrent les plus prestigieuses écoles de danse françaises et étrangères. L’un d’entre eux, un certain Germain Louvet   😉 est aujourd’hui l’étoile de l’Opéra de Paris.

Une carrière au service de la danse depuis le Conservatoire du Grand Chalon à Chalon-sur-Saône

L’exigence, il l’a aussi pour lui-même. En 1988, quand il est arrivé à Chalon-sur-Saône comme professeur de l’Ecole National de Musique et de Danse, il avait pour mission de créer un département danse. Aujourd’hui, l’école est devenue Conservatoire à Rayonnement Régional, Philippe en est le Directeur adjoint et le département danse du Conservatoire du Grand Chalon est reconnu comme l’un des meilleurs en France. L’établissement a d’ailleurs été l’un des tous premiers à obtenir en 2019, le label pour l’ouverture de Classes Préparatoire à l’Enseignement Supérieur pour la danse. La carrière de Philippe Chéloudiakoff au service de la danse, c’est aussi être le temps d’un festival directeur artistique au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, expert danse des régions Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne et membre de commissions au Ministère de la culture… Preuve d’un parcours hors du commun et remarquable, Philippe Cheloudiakoff a été décoré en 2010 « Chevalier dans l’ordre des Art et des Lettres pour son engagement au service de la culture de notre pays ».

Un chorégraphe, une compagnie créée

Enfin, parce que Philippe est aussi chorégraphe, en 2017, il crée la Compagnie Ecarts avec Laura Buisson. « C’était mon élève pendant quelques années au Conservatoire. Mais maintenant, on n’a plus du tout cette relation prof / élève. » Ensemble, ils créent des chorégraphies qui associent leurs personnalités si différentes. En janvier 2020, les deux chorégraphes proposeront Maous sur la scène de l’Auditorium du Conservatoire. Des coulisses à la scène il n’y a qu’un pas que Philippe, peut-être franchira ? « Peut-être l’année prochaine ? J’y réfléchis. Rien n’est impossible. »